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Comment des Chrétiens peuvent être séduits par des fausses doctrines
de LA TROMPETTE
Ce témoignage personnel montre clairement comment des Chrétiens qui ont soif d'avoir une communion plus profonde avec Dieu peuvent être séduits et conduits dans de faux enseignements. Mais le Saint-Esprit finit par les éclairer, s'ils veulent bien écouter Sa voix!


Article de Banner Ministries.

Ce témoignage personnel montre clairement comment des Chrétiens qui ont soif d'avoir une communion plus profonde avec Dieu peuvent être séduits et conduits dans de faux enseignements. Mais le Saint-Esprit finit par les éclairer, s'ils veulent bien écouter Sa voix!

L’original de cet article peut être consulté en anglais sur le site Internet :
http://www.banner.org.uk/wof/mytest.html

Vous pouvez conserver une copie de ce témoignage pour votre usage personnel. Mais il ne doit être diffusé qu'avec l'accord de l'auteur, Tricia Tillin, qui peut être contactée en anglais à l'adresse du site http://www.banner.org.uk 

 Témoignage personnel de Tricia Tillin (avec autorisation de l’auteur).

Je n'aime pas publier mon propre t√©moignage, parce que cela semble me mettre en valeur. Si je le fais, ce n'est pas pour me vanter. Je souhaite plut√īt aider d'autres Chr√©tiens, et montrer comment j'ai √©t√© s√©duite par la "confession positive" et les faux enseignements du Mouvement de la Parole de Foi, et comment Dieu m'a √©clair√©e.

 

Attirée dans le piège.

Je suis née de nouveau en 1965, dans le cadre de l'Eglise Anglicane. J'ai ensuite fréquenté diverses dénominations, dont certaines étaient charismatiques. Au cours des années 80, le Mouvement Charismatique avait le vent en poupe. Mais il s'est égaré dans le Mouvement de la Restauration. Cela a représenté une déception pour moi. Je n'étais pas satisfaite de la spiritualité de la plupart des églises en Grande-Bretagne, et je recherchais une communauté plus vivante. Un ami m'a parlé du ministère de Kenneth Copeland, qui commençait à se développer. J'ai commencé à recevoir son magazine, et des amis m'ont prêté ses cassettes.

Il m'a sembl√© que c'√©tait tout √† fait ce que je cherchais¬†! C'√©tait un enseignement frais, positif, excitant, et rempli de connaissances bibliques profondes. J'ai voulu en savoir plus. Je voulais conna√ģtre Dieu d'une mani√®re plus profonde, et d√©velopper une communion fraternelle avec des Chr√©tiens qui ne traitaient pas les miracles avec m√©pris. Le minist√®re de Copeland √©tait l'un des rares minist√®res qui approuvaient √† cette √©poque les dons de l'Esprit. Il semblait aussi aller plus loin que l'√©tude des textes de base de l'Evangile, et ne craignait pas de secouer les conventions "religieuses" dominantes.

Contrairement à la tiédeur et au négativisme ambiants, le ministère de Kenneth Copeland me semblait plein de vie. Loin de craindre et d'éviter les choses spirituelles, les Copeland semblaient au contraire les rechercher et les encourager. Au lieu de cette attitude résignée qui consistait à dire que nous devons accepter la douleur et la souffrance, les Copeland prêchaient la victoire, la guérison et la défaite du diable. Nous n'avions pas besoin de défaites supplémentaires : Jésus avait gagné le combat et nous avait libérés ! Tout cela me faisait du bien à entendre.

Quant √† la musique‚Ķ¬†! La musique des r√©unions des Copeland √©tait glorieusement stimulante, et remplie de confessions de foi victorieuses. Elle vivifiait mon esprit et m'aidait √† fixer mes pens√©es sur les c√īt√©s positifs de la Bible.

En fait, il n'y avait rien de semblable à cette époque en Grande-Bretagne. Au cours des années 80, nous avons commencé à éprouver de grandes inquiétudes à cause de l'enseignement de la couverture spirituelle, et le renouveau charismatique a fini par s'enliser dans le Mouvement de la Restauration. Toutefois, à cette époque, le Mouvement de la Parole de Foi (ou de la Confession Positive) avait pris position contre le Mouvement de la couverture spirituelle, et les deux mouvements étaient restés séparés. En fait, le principal dirigeant du Mouvement de la Parole de Foi, Hobart Freeman, avait écrit un article très important pour dénoncer la doctrine de la couverture spirituelle. Cela a été une raison supplémentaire pour nous faire accepter l'enseignement de la Parole de Foi.

Souvent, nous avalons un app√Ęt, sans r√©aliser qu'il y a un hame√ßon cach√© √† l'int√©rieur¬†! Il m'a fallu du temps pour me rendre compte qu'en m√Ęchant cette nourriture, ma bouche √©tait remplie de sang¬†!

Les conférences et conventions.

J'ai fini par avoir l'occasion d'assister à l'une des conférences organisées par Kenneth Copeland pour la première fois en Grande-Bretagne. Elle devait se dérouler dans un petit cinéma de Birmingham. Comparée aux conférences actuelles, elle n'était pas très imposante. Seulement quelques centaines de personnes ont assisté à cette conférence. Le ministère de Copeland n'intéressait qu'une minorité de Chrétiens en Grande-Bretagne.

Toutefois, j'étais très excitée à l'idée d'avoir pour la première fois l'occasion de voir les Copeland en direct sur une estrade. Au début, j'ai été un peu déçue, mais l'excitation de ce moment me poussa à continuer à venir aux réunions. Je n'étais pas habituée à rencontrer autant de Chrétiens à l'esprit aussi positif. En plus des réunions, au cours desquelles je prenais une foule de notes, nous étions heureux de profiter de la louange et de l'adoration qui font la réputation des Chrétiens anglais, et d'être en communion avec des centaines de personnes qui partageaient les mêmes idées que nous. C'était nouveau pour nous, et très stimulant.

Mais les Copeland avaient très mal pris la mesure des besoins des Chrétiens anglais. Ils n'avaient pas bien préparé leur travail ! Ils s'attendaient à ce que des Anglais soient aussi expansifs que les Américains dans leur louange et dans leur vie chrétienne. Ils n'avaient pas compris que les églises anglaises étaient en général petites, anciennes, assez rigides et totalement désintéressées des problèmes d'argent.

Ce fut donc pour eux une erreur de produire une chanteuse professionnelle, avec tout un orchestre pour l'accompagner. Elle se comporta comme si elle faisait une √©mission de t√©l√©vision. L'auditoire l'a √©cout√©e tranquillement tout au long de sa performance, en applaudissant poliment √† la fin. Pour des Anglais, cela ne se faisait pas, dans une r√©union chr√©tienne¬†! C'√©tait presque aussi inconvenant que de jouer une pi√®ce de th√©√Ętre dans une √©glise locale.

Après quelques morceaux, la pauvre dame a réalisé qu'elle se trouvait devant un mur, et a cessé de faire des efforts. Mais les Copeland avaient appris la leçon. Ils ont arrêté de produire d'autres "artistes", tant que nous, Anglais, n'aurions pas été rééduqués dans ce domaine !

Ce que nous voulions, c'√©tait chanter tous ensemble des cantiques. C'√©tait le style des Pentec√ītistes chez nous, avec une pinc√©e de touche anglicane dans le choix des hymnes. Nous √©tions habitu√©s √† chanter collectivement, et c'est comme cela que nous aimions louer Dieu. Alors que nous n'√©prouvions aucun int√©r√™t √† √©couter une artiste chanter en solo comme si elle se produisait dans un cadre professionnel¬†! Comme les choses ont chang√© √† pr√©sent¬†!

Mais nous avons pardonné l'erreur des Copeland, et nous avons apprécié les réunions. Nous avons acheté une pile de brochures. Nous avons été tout de même choqués par leur prix très élevé. Mais on nous a dit que c'était pour soutenir leur ministère, et que, de toute manière, ce que nous avions payé nous serait remboursé au centuple par le Seigneur !

Copeland était-il un faux prophète ?

Nous étions sur notre petit nuage après cette conférence, et nous n'étions pas prêts à nous laisser redescendre sur la terre ! Il y avait pourtant certaines personnes autour de nous qui essayaient de nous détourner de nos Copeland bien-aimés, en nous faisant remarquer quelques problèmes.

Il y avait quand même quelque chose de troublant. C'était la prophétie que Kenneth Copeland avait donnée en 1983 à la convention nationale des Hommes d'Affaires du Plein Evangile à Birmingham. J'avais conservé une transcription de cette prophétie, qui promettait des choses très précises à propos de la Grande-Bretagne.

D'après cette prophétie, donnée en juin 1983, Copeland affirmait que l'heure de la visitation de l'Angleterre était arrivée. Il disait que le réveil avait commencé, et allait prendre de l'ampleur. Il promettait des "dizaines de milliers" de conversions et un flot puissant de l'Esprit dans tout le pays. Il prophétisa que cela se passerait avant la fin du mois de juin 1983.

Il prophétisa aussi qu'avant septembre 1983 le nombre des participants à sa conférence aurait doublé, et qu'en octobre, il aurait triplé. Il fit aussi d'autres promesses que nous avons souvent entendues depuis, que les gens tomberaient sur leur face dans les supermarchés, leurs visages rayonnant de la gloire de Dieu, que toute la nation serait convaincue de péché, etc, etc…

J'ai moi-m√™me d√Ľ admettre qu'il s'√©tait tromp√©. A la conf√©rence suivante, √† laquelle j'ai assist√©, il y avait moins de monde qu'auparavant, et certainement pas plus. Le grand r√©veil annonc√© ne s'est pas produit, ni le doublement et le triplement des participants aux conf√©rences suivantes de Kenneth Copeland. Comment pouvais-je expliquer cela¬†? Copeland √©tait-il un faux proph√®te¬†?

Pour moi, certainement pas. J'avais trouv√© quelque chose de bon, et ce petit accroc n'allait pas me d√©tourner du chemin¬†! Les Copeland repr√©sentaient tout ce dont j'avais besoin. Ils √©taient spirituellement m√Ľrs, forts et remplis de sagesse. Peut-√™tre avaient-ils commis quelques erreurs. Et alors¬†? Je classai donc l'affaire dans un coin de mon cerveau, dans la cat√©gorie des "myst√®res inexpliqu√©s".

Le Seigneur S'efforce de m'ouvrir les yeux.

Après la conférence annuelle, les choses prirent à nouveau leur tour routinier. Je pratiquais tout ce que je lisais. Je prononçais des affirmations positives, je prenais autorité sur mon corps et les circonstances de ma vie, j'appelais à l'existence des choses qui n'existaient pas, en prononçant des paroles créatrices, et je plantais mes semences financières, de l'argent qui nous manquait par ailleurs, et que nous ne nous pouvions pas nous permettre de dépenser ainsi. Je m'élançais cependant dans l'atmosphère élevée et raréfiée de la "foi", proclamant "saisir par la foi" tout ce que visualisais, qu'il y ait ou non des signes tangibles.

J'avais pourtant rarement des encouragements physiques à ma foi ! J'ai pu me guérir une fois ou deux d'un rhume ou d'un refroidissement. Mais, en général, je devais admettre que toutes mes visualisations et affirmations n'apportaient aucun changement à ma vie de tous les jours. Je ne me décourageai pas pour autant. Je savais que j'avais besoin de développer ma foi en mémorisant les paroles de l'Ecriture. J'ai donc acheté des cassettes enregistrées du texte de la Bible, et des cantiques composés sur les paroles de la Bible, pour m'aider à planter profondément la Parole de Dieu dans mes pensées.

Tout cela représentait un travail pénible. Mais j'étais préparée à faire tous les efforts nécessaires pour moissonner toutes les victoires que les Copeland moissonnaient apparemment, tout au moins ce que j'en lisais dans leur magazine ! Ils parlaient des grands miracles qu'ils vivaient, comme la guérison d'un enfant infirme, de plusieurs aveugles, ou de cancers qui disparaissaient instantanément. Je n'avais jamais vu moi-même de tels miracles, et j'aspirais ardemment à en voir au cours d'une réunion. Aussi attendais-je avec une grande anticipation la conférence de 1985.

De temps en temps, nos amis critiquaient les enseignants de la Parole de Foi. Cela m'indignait et m'irritait. J'√©tais toujours sur la d√©fensive quand on parlait des Copeland, de Kenneth Hagin, et d'autres comme eux, que nous avions appris √† aimer et √† consid√©rer comme nos ma√ģtres dans la foi. Quand on nous disait qu'ils vivaient dans le luxe, qu'ils poss√©daient des demeures grandioses, des avions, des belles voitures, etc‚Ķ, je les d√©fendais avec ardeur. Pourquoi n'auraient-ils pas √©t√© b√©nis financi√®rement¬†? Ils avaient sem√© les bonnes semences, et Dieu le leur rendait au centuple¬†!

Quant à la guérison, j'avais la certitude absolue qu'aucune maladie ni aucune infirmité ne pouvait affliger un Chrétien qui marchait dans la foi. J'avais parfaitement compris que Jésus avait pris toutes nos maladies sur la croix, et que nous avions donc une parfaite autorité sur elles. Chaque fois que je ressentais une gêne physique quelconque, avant toutes choses, j'avais recours immédiatement à la prière, et je méprisais ceux qui se confiaient dans les pilules et les médecins. Etre obligée de faire appel à la médecine aurait été pour moi le signe d'une faible foi !

Cela n'aurait servi √† rien, de toutes fa√ßons, de me faire remarquer que j'avais exactement les m√™mes probl√®mes physiques que tous les autres Chr√©tiens de mon √©glise, malgr√© ma "grande foi" et ma "profonde connaissance" des Ecritures¬†! Cela me posait certainement un probl√®me √† l'√©poque, mais il n'aurait servi √† rien de me le faire remarquer. Tout pouvait √™tre expliqu√© par mon manque de foi. Je ne devais certainement pas √™tre encore au point¬†! Il me fallait travailler encore plus √† conna√ģtre les versets de l'Ecriture et √† les confesser avec encore plus de hardiesse. C'√©tait tout¬†! Si seulement je pouvais me d√©barrasser de mes doutes, et avoir une parfaite foi¬†!

Je rejetais imm√©diatement et je d√©truisais tout ce qui pouvait provoquer en moi des doutes et une attitude "n√©gative". Je n'√©coutais aucune cassette o√Ļ l'on critiquait le message de la foi. Je ne lisais aucun livre ni aucune brochure que l'on m'offrait pour me d√©montrer les erreurs de ce Mouvement. A mon avis, ce n'√©taient que des faux jugements et des attaques venant de jaloux qui n'avaient aucune compr√©hension des voies de l'Esprit. Ils voulaient seulement me faire douter. Je continuai donc √† fermer mes pens√©es et √† refuser de me remettre en question.

Des problèmes financiers.

Ceux qui ont suivi le m√™me chemin que moi connaissent bien ces probl√®mes financiers¬†! Jon, mon mari, et moi, nous d√©sirions ardemment pouvoir payer nos dettes, joindre les deux bouts, et cesser de nous tourmenter constamment au sujet de l'argent. Nous connaissions pourtant la th√©orie¬†: donner fid√®lement notre d√ģme chaque mois, √† notre √©glise ou √† un autre minist√®re, et consid√©rer ce don comme une semence que Dieu devrait b√©nir, en nous le remboursant avec une "plus-value". Oh oui¬†! Nous connaissions bien la th√©orie, et notre foi √©tait absolue. Personne n'aurait pu nous reprocher de semer dans le doute. Nous plantions fid√®lement nos semences financi√®res, et nous donnions ponctuellement chaque mois dix pour cent de notre revenu. Le probl√®me, c'est que nous ne pouvions m√™me pas nous permettre de donner autant chaque mois. C'√©tait une folie, sur le plan √©conomique, car nous devions nous priver de nos besoins √©l√©mentaires. Mais nous ne r√©coltions jamais rien, contrairement √† ce qu'on nous disait. Etrange¬†!

Dieu nous a pourtant b√©nis dans notre ignorance et nous a tenu la t√™te hors de l'eau. Mais jamais nous ne constations la venue de ce "centuple" promis¬†! O√Ļ √©tait-il donc¬†? Certes, nos yeux n'√©taient pas fix√©s sur la r√©mun√©ration, mais cela nous aurait fait quand m√™me du bien de pouvoir parfois joindre les deux bouts.

Ce fut un jour tr√®s sombre pour moi, lorsque je dus finalement admettre que nous ne pouvions plus nous permettre de donner autant. C'√©tait vraiment un anath√®me, en ce qui concernait l'enseignement du Mouvement de la Parole de Foi¬†! Quoi¬†? Ne plus donner notre d√ģme¬†? C'est le Directeur de notre banque, plein de bon sens, qui nous a conseill√© d'arr√™ter de la donner, avant d'√™tre oblig√©s de perdre notre maison et tous nos biens.

Je ne détaille pas toutes les folles "aventures de la foi" dans lesquelles je me suis embarquée, et dans lesquelles j'ai embarqué mon mari ! J'en tremble encore à présent quand j'y pense ! Quelle folie d'avoir cru que c'était Dieu qui nous avait embarqués dans des choses aussi insensées !

Nos prières pour avoir un enfant.

A cette √©poque, la chose qui √©tait la plus ch√®re √† notre cŇďur √©tait le besoin d'avoir un enfant. Nous avions pri√© pendant des ann√©es, nous avions cru, nous avions re√ßu des "proph√©ties personnelles" √† ce sujet, mais rien ne se passait. Nous avions failli c√©der et aller consulter un m√©decin. Mais, √† la derni√®re minute, j'ai senti que ce serait un camouflet pour le Seigneur, et que nous devions Lui faire confiance. Ne nous donnerait-Il pas alors ce que notre cŇďur d√©sirait¬†?

Un jour, nous avons reçu un magazine édité par un autre "ministère de foi", je ne sais plus lequel. On nous offrait de parrainer des orphelins à l'étranger. Je sais à présent, pour avoir lu diverses enquêtes à ce sujet, que de telles propositions sont souvent mensongères, et ne sont que des moyens de récolter de l'argent pour le profit de ces ministères. Cependant, à cette époque, j'ai cru tout ce que j'ai lu.

Il me vint une pensée, que je crus inspirée par le Seigneur. Il me semblait que si nous faisions une forte offrande à ce ministère dans le but de parrainer un orphelin, comme semence spirituelle, Dieu nous exaucerait et nous donnerait un bébé. Je pense que vous avez déjà anticipé ce que je vais vous dire ! A l'époque, je ne me doutais pas quelles souffrances nous seraient occasionnées par ce plan hardi !

Nous avons donc r√©dig√© un ch√®que, avec une grosse somme. Apr√®s avoir beaucoup pri√© et confess√© notre foi, nous l'avons post√©. A mesure que les jours passaient, notre foi a chut√©. Je ne pouvais m√™me plus me tromper moi-m√™me et croire que c'√©tait Dieu qui m'avait pouss√© √† faire une telle chose. Je n'ai pas eu de b√©b√©. Je me rappelle √™tre sortie me promener avec quelques amis et leurs enfants. Je me suis assise sur une balan√ßoire dans un parc, et je me suis balanc√©e machinalement, envahie par le chagrin, la d√©ception et l'amertume. Pourquoi Dieu n'avait-Il pas exauc√© notre pri√®re de foi¬†? O√Ļ √©tait la faille¬†?

Je pensais parfois que ce n'était peut-être pas la volonté de Dieu que nous ayons des enfants. Mais j'étais alors reprise par mes enseignements sur la foi, et je rejetais absolument ces doutes comme venant du malin. Je répétais tout ce que j'avais appris, notamment le fait que si Ses paroles demeuraient en nous, tout ce que nous demanderions, Dieu nous l'accorderait, parce que nos désirs sont conformes aux Siens. L'échec n'était pas permis !

L'id√©e que Dieu pouvait nous refuser ce dont j'avais d√©sesp√©r√©ment besoin √©tait une h√©r√©sie¬†! Mais j'avais oubli√© que Dieu est le Tout-Puissant, le Seigneur omniscient. Il sait toutes choses. Il conna√ģt le d√©but et la fin de toutes choses. Dans Sa grande sagesse et Sa parfaite connaissance de ma vie, Il savait que lorsqu'Il m'appellerait √† exercer le minist√®re qu'Il avait pr√©vu pour moi, il me serait impossible de Lui ob√©ir pleinement si j'avais alors √† m'occuper de jeunes enfants. Quel √©tait l'appel le plus √©lev√©¬†: √™tre une m√®re de famille, ou une sentinelle de Dieu dans les temps de la fin¬†? Dieu le savait, mais je l'ignorais.

Dans ma perception limitée, Dieu était Celui qui pourvoyait avec abondance à nos besoins. Il était forcé, par Ses propres paroles, de nous donner tout ce que nous Lui demandions, aussi longtemps que nous ferions référence aux promesses de la Bible.

En effet, les doctrines de la foi exigent que ce soit Dieu qui Se conforme à notre perception de ce qui est bon pour nous. Cela prive Dieu de la capacité de prendre Ses propres décisions concernant notre vie, et de faire concourir toutes choses à notre bien.

Dans le Mouvement de la Parole de Foi, on nous avait appris que Dieu ne pouvait rien faire sans notre pri√®re de la foi. Kenneth Hagin avait m√™me racont√© qu'un jour, il avait eu une vision de Dieu. Puis il avait vu un d√©mon venir se placer entre Dieu et lui. Hagin s'attendait √† ce que Dieu chasse le d√©mon, mais Il ne le fit pas. Dieu finit par lui dire qu'Il ne pouvait pas chasser ce d√©mon, parce qu'Il avait donn√© cette t√Ęche et cette autorit√© aux hommes. S'il ne chassait pas lui-m√™me ce d√©mon, Dieu ne le ferait pas. On nous avait donc enseign√© que Dieu ne pouvait pas bouger, ni exaucer nos pri√®res, tant qu'Il n'√©tait pas "lib√©r√©" par notre foi. Un Dieu qui agissait de mani√®re ind√©pendante et souveraine n'entrait pas dans nos cat√©gories mentales.

(Note¬†: Voici l'introduction √† l'√©tude de Kenneth Hagin sur la pri√®re¬†: "Dieu a cr√©√© le monde, et Il a donn√© √† l'homme autorit√© sur toutes la cr√©ation. Puis Satan est devenu le dieu de ce monde. Dieu n'est pas intervenu pour arr√™ter Satan. Mais Il a envoy√© J√©sus pour racheter l'humanit√©. A pr√©sent, notre autorit√© est restaur√©e gr√Ęce √† J√©sus-Christ. Quand nous prions, les choses peuvent alors bouger. C'est pourquoi nous avons l'impression que Dieu ne peut rien faire, tant que quelqu'un ne le Lui demande pas dans la pri√®re".)

Plusieurs mois se pass√®rent, avant que nous ayons r√©alis√© la chose extraordinaire que Dieu avait faite pour nous. Je crois que Dieu avait regard√© la folie de Ses enfants innocents, et nous avait fait mis√©ricorde. Oh¬†! Comme Sa compassion et Son amour sont grands¬†! Notre gros ch√®que n'avait jamais √©t√© encaiss√©¬†! Il avait d√Ľ se perdre dans le courrier, ou le destinataire ne l'avait pas encaiss√©, pour une raison que nous ignorions. De toutes mani√®res, l'argent n'avait jamais √©t√© retir√© de notre compte, qui √©tait d√©j√† √† d√©couvert¬†! Gloire √† Dieu¬†!

En réfléchissant à tout cela, j'ai reçu une révélation sur la manière dont Dieu agit. C'est Lui qui avait pris l'initiative. Nous ne Lui avions rien demandé à ce sujet, et nous ne savions même pas ce qui s'était passé. Ce n'étaient pas nos confessions positives de la Parole qui avaient forcé Dieu à agir en notre faveur. Il était simplement intervenu d'une manière souveraine. Il avait fait quelque chose que ma faible intelligence humaine ne pouvait pas anticiper. Dieu avait agi selon Sa propre volonté souveraine, sans que j'intervienne ! Il n'avait nullement besoin de mes confessions positives ni de mes "paroles créatrices", pour faire ce qu'Il venait d'accomplir pour moi ce jour-là.

Nous marchons par la foi.

Nous nous sommes lanc√©s dans une autre "aventure de la foi", quand nous avons d√©cid√© de vivre par la foi, en travaillant √† plein temps pour le Seigneur. Nous avons d√©cid√© de nous rendre au quartier g√©n√©ral du minist√®re des Copeland, √† Bath, pour offrir nos services. Nous esp√©rions trouver un bureau, ou quelque chose de ce genre, mais pas cette petite pi√®ce incommode au-dessus d'une boutique, dans la grand-rue. Mais ce n'√©tait pas important¬†! Nous f√Ľmes accueillis par une dame plut√īt stress√©e, qui n'avait pas l'air du tout contente de nous voir. Pourtant, n'avaient-ils pas dit dans leur magazine qu'ils seraient heureux d'accueillir tous ceux qui viendraient les voir, n'importe quand¬†?

La pauvre dame √©tait aussi peu aimable que possible en de telles circonstances. Sans doute √©tions-nous arriv√©s √† un mauvais moment‚Ķ Elle avait manifestement quelque chose d'urgent √† faire, et elle √©tait tr√®s occup√©e. Nous ne nous doutions pas du tout de l'accueil que nous allions recevoir. Comme nous pouvons √™tre √©go√Įstes¬†! Nous pensions que ce lieu serait un sanctuaire de gr√Ęce et de foi, vibrant de la vie nouvelle qui animait les Copeland. Nous pensions nous trouver dans une sorte de Temple, o√Ļ nous allions trouver des certitudes et des encouragements. Au lieu de cela, nous √©tions debout au milieu d'une petite pi√®ce encombr√©e de cartons, et nous avions conscience que nous n'√©tions pas les bienvenus. Tout cela nous semblait bien trop ordinaire¬†!

En outre, quand nous avons évoqué la possibilité de venir travailler avec l'équipe de Bath, cela n'a pas déclenché la joie extatique que nous attendions. Nous pensions que l'on allait glorifier Dieu pour ceux qui, comme nous, étaient prêts à sacrifier leur vie et leur carrière pour la noble cause de la vérité. Au lieu de cela, nous avons eu droit à un : "Hum ! Nous verrons ! On n'a pas besoin de grand monde en ce moment !" Et cette dame tentait en même temps de nous faire repasser la porte.

Nous avons aussi per√ßu quelque chose d'√©trange. Dans le cours de la conversation, nous avons mentionn√© les r√©serves que nous avions au sujet du mouvement de la couverture spirituelle. Nous pensions qu'une collaboratrice des Copeland approuverait de tout cŇďur. Bizarrement, elle ne le fit pas. Elle eut une r√©ponse √©vasive. Elle ne condamna pas les doctrines de la couverture spirituelle, puis finit par nous dire que les Copeland avaient modifi√© leur point de vue, et voulaient √† pr√©sent travailler plus √©troitement avec les responsables de ce mouvement. Elle ajouta que nous devrions prier pour l'unit√© entre ces deux mouvements. Nous √©tions effondr√©s¬†! Ils avaient condamn√© l'enseignement de la couverture spirituelle comme une fausse doctrine, et voil√† qu'ils avaient chang√© d'avis, et qu'ils allaient travailler ensemble¬†!

Nous sommes retournés chez nous en silence, réfléchissant à la rebuffade que nous venions de subir. Nos espoirs d'avoir un ministère à plein temps et de marcher par la foi venaient de s'évanouir. Pourquoi Dieu nous rejetait-Il ? Ne voulait-Il pas de nous ? C'était un nouvel échec.

Toute une série d'événements comme ceux-ci commencèrent à ébranler la forteresse de notre confiance absolue dans les enseignements de la Parole de Foi. Il y eut encore d'autres choses qui se passèrent. Malgré le fait que je refusais toujours d'écouter des "paroles négatives" (les Copeland nous avaient même recommandé de ne plus lire de journaux, car ils étaient pleins de choses "négatives"), Dieu était en train de réduire en miettes mes croyances. Il commença à me donner des révélations dans mon esprit, lorsque je priais et que je méditais Sa Parole.

Je réfléchis à la guérison divine.

Il y avait quelque chose que nous ne pouvions pas comprendre, et qui √©tait une pierre d'achoppement pour notre foi. C'√©tait le nombre de nos amis qui priaient sinc√®rement pour une gu√©rison, et qui ne la recevaient pas. Jon et moi avons aussi connu nos √©checs dans ce domaine. On d√©couvrit qu'un gentil petit gar√ßon, le fils d'une famille chr√©tienne que nous connaissions, avait une leuc√©mie. Nous pri√Ęmes tous, nous chass√Ęmes l'ennemi, nous pr√ģmes autorit√©, nous cit√Ęmes tous les passages de l'Ecriture en proclamant la gu√©rison compl√®te de ce petit gar√ßon, mais il mourut. Comment cela avait-il pu se produire¬†?

Ma vue √©tait aussi tr√®s mauvaise. Je ne pouvais pas comprendre pourquoi Dieu ne me gu√©rissait pas, en d√©pit des heures pass√©es √† faire des confessions positives. J'avais vraiment la "foi" pour la gu√©rison, mais elle ne se produisait jamais¬†! Je me promenais "par la foi" sans mes lunettes, mais je tr√©buchais sans cesse, incapable de voir plus loin que le bout de mon nez¬†! Certains amis m'ont m√™me menac√©e de prendre mes lunettes pour les √©craser, ce qui serait selon eux un acte positif qui fortifierait ma foi. Mais tout cela n'apporta strictement aucune am√©lioration √† ma vue. O√Ļ √©tait la faille¬†? Selon les doctrines de la Parole de Foi, aucune montagne n'est trop √©lev√©e pour ne pas pouvoir √™tre d√©plac√©e par notre foi. Tout ce que nous demandons nous sera accord√©, tant que nous nous appuyons sur la Bible. La gu√©rison nous avait √©t√© donn√©e par Dieu. Aucune maladie, aucune infirmit√©, n'avait le droit d'affliger un Chr√©tien. Nous pouvions donc attendre avec confiance que Dieu nous gu√©risse. Mais, malgr√© toute ma foi, Dieu semblait m'avoir abandonn√©e. Pourquoi¬†?

Il y avait aussi les cas des quelques maladies signalées dans les Ecritures, l'écharde de Paul, les "nombreuses indispositions" de Timothée (1 Tim. 5 :23), ou la maladie de Trophime (2 Tim. 4 :20). Je me consolais en lisant toutes sortes d'explications concernant les maladies des Chrétiens. Mais, quelque part, elles sonnaient toujours faux. Il semblait que les enseignants de la Parole de Foi tordaient les Ecritures pour faire passer leur foi absolue dans le fait qu'un Chrétien ne devrait jamais être malade. Oui, je croyais que nous devons prier avec foi pour la guérison, et que Dieu nous avait offert la guérison dans Sa Parole. Mais était-ce aussi absolu que les enseignants de la Parole de Foi l'affirmaient ? L'Ecriture ne montrait-elle pas aussi que Dieu pouvait parfois permettre des maladies ou des infirmités dans la vie des Chrétiens, parce qu'Il recherchait un objectif supérieur ? (NdT : Ou pour les juger, comme il est écrit dans 1 Corinthiens 11 :30). Cela semblait effectivement être le cas. Mais je ne pouvais toujours pas réconcilier ces deux idées. Pour moi, je rangeai encore cela dans la catégorie des "mystères inexpliqués".

Notre seconde conférence.

Le moment de notre seconde conférence arriva. Elle se tenait cette fois à Brighton, à l'époque du week-end de la Toussaint, à partir du 28 octobre 1985, au moment d'une pleine lune et d'une éclipse !

Il faut dire que Jon et moi, nous ne pouvions pas nous permettre de rester dans un h√ītel pendant une semaine. Malgr√© cela, nous sent√ģmes que nous pouvions nous aventurer dans la foi, et croire que nous recevrions l'argent n√©cessaire, ou que nous aurions une chambre d'h√ītes gratuite √† peu de distance du Centre de Conf√©rences. Nous pens√Ęmes que c'√©tait la volont√© de Dieu pour nous de nous rendre √† cette conf√©rence.

Le temps √©tait froid et humide. Nous trouv√Ęmes une chambre d'h√ītes, mais elle √©tait assez sordide. Notre chambre √©tait directement dans un grenier, au sommet d'un b√Ętiment. Elle pouvait juste contenir deux petits lits branlants et une bassine sale pour la toilette. Les tapis √©taient d√©chir√©s. Ils avaient l'air de n'avoir pas √©t√© nettoy√©s depuis des ann√©es. Il y avait de la poussi√®re partout. Pourtant, nous avons consid√©r√© comme une b√©n√©diction le fait d'avoir cette chambre. Nous √©tions pr√©par√©s √† tous les sacrifices pour √™tre avec le peuple de Dieu et rechercher la puissance et les b√©n√©dictions du Seigneur.

La première réunion débuta à 19 heures, dans un grand auditorium. Le nombre des participants avait grandi. Plusieurs centaines de personnes étaient présentes. Pourtant, bizarrement, la réunion était décevante, sans puissance. Les chants manquaient d'inspiration. Quand Kenneth Copeland vint prêcher sur l'estrade, il nous parut confus. Sa prédication manquait de conviction. Je pensais que quelqu'un comme Copeland devait tout le temps prêcher dans le flot d'une onction abondante. Je n'étais pas prête à croire qu'il avait raté le coche. Et pourtant, c'était vrai !

Copeland était décidé à nous imposer un cantique que quelqu'un avait composé. Il croyait que Dieu voulait utiliser ce cantique avec puissance pour changer le monde ! C'était un assez beau cantique sur l'amour. Mais il a insisté pour nous l'apprendre parole après parole, et nous l'a fait chanter et le répéter sans cesse. Réellement, ce n'était pas grand-chose, juste un cantique, dans lequel je ne voyais rien de spécial. Mais il força tout le monde à chanter ce cantique. Cela m'irrita. Il me sembla que je devais prier pour que cet esprit de lourdeur s'en aille, et que le Saint-Esprit conduise Copeland à prêcher ce que Lui voulait qu'il prêche.

Le lendemain soir, Copeland chassa Satan de l'auditorium, et les choses semblèrent aller un peu mieux. Mais l'enseignement était médiocre, et il se répétait. Je réalisai avec une certaine horreur que Copeland réutilisait des enseignements qu'il avait déjà donnés sur cassettes, et qu'il avait déjà souvent prêchés. J'avais déjà entendu tout cela auparavant sur ses cassettes, ou je l'avais déjà lu sur son magazine, "The Voice of Victory" (La voix de la victoire). Il ne faisait que se répéter, mot à mot ! J'avais l'impression d'avoir été trahie.

Un choc terrible.

Le lendemain soir, j'eus un nouveau choc. Avant Copeland, on avait programm√© quelqu'un pour faire un peu chanter et pour "chauffer" la salle, ainsi que pour nous pomper de l'argent, comme tous les soirs¬†! J'ai oubli√© le nom de cet homme, mais il devait certainement √™tre un homme de Dieu. Car il fut conduit, √† un certain moment, √† faire un appel √† l'intention de "tous ceux qui avaient le cŇďur bris√©", de tous ceux qui se sentaient abandonn√©s, rejet√©s, incompris, ou qui vivaient des moments difficiles dans leur √©glise.

Il y avait en Grande-Bretagne beaucoup de gens qui éprouvaient ces sentiments, dont moi-même. Normalement, je n'extériorise pas trop mes émotions en public. Mais là, je me suis retrouvée en larmes, car le Saint-Esprit mettait le doigt sur les besoins de ma vie. Cet homme nous a demandé de nous approcher de l'estrade, et nous pensions recevoir un attouchement de Dieu, ce dont nous avions désespérément besoin. Beaucoup étaient en larmes. Ce fut un précieux moment.

Mais, juste au moment o√Ļ cet homme allait prier pour nous, Copeland jaillit sur l'estrade. Plus tard, en y r√©fl√©chissant, j'ai pens√© qu'il devait √™tre jaloux, et croire que cet homme captait trop l'attention de l'auditoire.

Copeland commen√ßa √† nous dire que, pour nous lib√©rer de nos fardeaux, nous avions besoin de louer Dieu, de sauter de joie et de remercier Dieu. L'onction fut aussit√īt bris√©e, et le sentiment de la pr√©sence gu√©rissante de Dieu disparut compl√®tement. Copeland nous fit sauter et crier devant l'estrade. Tout le monde pouvait voir que nous n'en avions aucune envie¬†! Nous avions besoin d'entendre la voix de Dieu. Nos cŇďurs bris√©s avaient besoin d'√™tre touch√©s par la douceur de Son Esprit. Mais c'√©tait trop tard. Le moment √©tait pass√©. On nous demanda de regagner joyeusement nos si√®ges, ce que nous avons fait sagement.

Nous prions contre le diable.

Le 31 octobre, on nous demanda de venir une demi-heure plus t√īt pour prier contre les influences d√©moniaques qui entravaient les r√©unions. On avait d√©couvert que des satanistes se r√©unissaient localement en cette nuit de Halloween, et qu'ils avaient l'intention d'avoir une r√©union puissante. En Grande-Bretagne, Halloween n'est pas un jour f√©ri√© comme aux Etats-Unis, et nous n'avons pas l'aspect commercial de cette f√™te. Mais c'est plut√īt un moment o√Ļ les occultistes, les sorciers, les adeptes du Nouvel Age, et tous ceux qui croient en ces choses, se r√©unissent pour pratiquer leurs rites. Halloween peut √™tre un moment de trouble et d'oppression pour les Chr√©tiens.

Ce soir encore, la prière nous sembla être conduite artificiellement. On nous demanda de prier ensemble en langues, à haute voix. Nous l'avons fait. Mais si le Seigneur n'inspire pas la prière, et si la prière n'est pas faite dans l'Esprit, ce n'est que du bruit. Nous avons donc fait beaucoup de bruit, mais ce n'était pas réellement une prière. Je me demandais comment Copeland ne pouvait pas s'en rendre compte !

Le vendredi √©tait le dernier jour de la conf√©rence. En me r√©veillant, le matin, j'avais toujours l'impression que Copeland n'avait pas √©t√© oint de l'Esprit, et que les r√©unions avaient √©t√© ternes et sans puissance. O√Ļ √©taient l'inspiration spirituelle, la louange, et l'action v√©ritable de l'Esprit dont j'avais tellement besoin¬†? Je me sentais triste et d'une humeur pesante √† mon r√©veil, avec un grand fardeau pour la pri√®re. Si les choses n'allaient pas mieux ce soir-l√†, tout √©tait perdu.

Heureusement, juste avant le d√©but de la r√©union, Jon d√©cida d'aller se promener. Je pus donc r√©pandre mon cŇďur devant Dieu dans la pri√®re, comme je le d√©sirais, dans notre petite chambre mansard√©e. Ce fut comme au bon vieux temps, et je trouvai un grand soulagement dans la pri√®re. Je priai pour les Copeland et pour leur minist√®re, mais il me semblait que Dieu voulait me parler personnellement. Je fus conduite √† lire dans la Bible Esa√Įe 61. Il y est √©crit¬†:

"L'esprit du Seigneur, l'Eternel, est sur moi, car l'Eternel m'a oint pour porter de bonnes nouvelles aux malheureux. Il m'a envoy√© pour gu√©rir ceux qui ont le cŇďur bris√©, pour proclamer aux captifs la libert√©, et aux prisonniers la d√©livrance¬†; pour publier une ann√©e de gr√Ęce de l'Eternel, et un jour de vengeance de notre Dieu¬†; pour consoler tous les afflig√©s¬†; pour accorder aux afflig√©s de Sion, pour leur donner un diad√®me au lieu de la cendre, une huile de joie au lieu du deuil, un v√™tement de louange au lieu d'un esprit abattu, afin qu'on les appelle des t√©r√©binthes de la justice, une plantation de l'Eternel, pour servir √† sa gloire. Ils reb√Ętiront sur d'anciennes ruines, ils rel√®veront d'antiques d√©combres, ils renouvelleront des villes ravag√©es, d√©vast√©es depuis longtemps. Des √©trangers seront l√† et feront pa√ģtre vos troupeaux, des fils de l'√©tranger seront vos laboureurs et vos vignerons. Mais vous, on vous appellera sacrificateurs de l'Eternel, on vous nommera serviteurs de notre Dieu¬†; vous mangerez les richesses des nations, et vous vous glorifierez de leur gloire. Au lieu de votre opprobre, vous aurez une portion double¬†; au lieu de l'ignominie, ils seront joyeux de leur part¬†; ils poss√©deront ainsi le double dans leur pays, et leur joie sera √©ternelle" (Esa√Įe 61¬†:1-7).

Bien que ce passage concerne la restauration future d'Isra√ęl, il me parlait de ma propre restauration personnelle. Il me disait surtout que le Seigneur √©tait venu "gu√©rir ceux qui ont le cŇďur bris√©" et leur donner "une portion double". Je crus que Dieu faisait allusion √† la r√©union du soir, et que nous assisterions √† une perc√©e dans une v√©ritable louange et un v√©ritable enseignement spirituels. En fait, Dieu me parlait d'un jour plus lointain, un jour dont je ne savais rien, et qui √©tait cach√© dans le cŇďur de Dieu.

Copeland nous parle de la "mort spirituelle de Jésus".

Le vendredi soir, Copeland d√©cida de nous enseigner une "r√©v√©lation nouvelle" tir√©e de la Parole de Dieu. Il est s√Ľr que c'√©tait nouveau pour moi. J'√©tais ravie d'√™tre introduite dans ce nouveau domaine, mais, en m√™me temps, tr√®s √©tonn√©e de n'avoir jamais √©t√© conduite par le Saint-Esprit dans tout ce que Copeland nous expliquait, alors que j'√©tais Chr√©tienne depuis vingt ans. Car il nous expliquait que J√©sus avait d√Ľ passer par la mort spirituelle¬†! Oui, Copeland avait bien d√©cid√© de nous enseigner cette doctrine¬†!

Cet enseignement commençait à être l'un des plus connus du Mouvement de la Parole de Foi, mais je ne le connaissais pas. Cette doctrine enseigne que la mort physique de Jésus, et le fait qu'Il ait versé Son sang sur la croix, n'étaient pas suffisants pour accomplir l'expiation du péché de l'humanité. Mais il fallait que Jésus prenne sur lui la nature spirituelle de l'homme déchu, qu'Il passe par la mort spirituelle dans Son Esprit, et qu'Il soit torturé en Enfer pendant trois jours et trois nuits, avant que le Père ne Le libère, pour faire de Lui le premier-né d'entre les morts.

Je suivis les arguments de Copeland, et je pris des notes dans ma Bible. Cette doctrine me semblait plausible, tout au moins en partie, mais j'étais préoccupée par la manière dont Copeland maniait les Ecritures. Il avait fondé cette doctrine importante sur le passage suivant :

"Car auquel des anges Dieu a-t-il jamais dit : Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui ? Et encore : je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils ?" (Hébreux 1 :5).

Si je me souviens bien, son argument était le suivant : Jésus était le Fils de l'Homme, né d'une vierge ; mais il avait été engendré de Dieu quand le Père L'avait libéré de l'Enfer. Jésus serait donc né de nouveau. Il serait passé par une première naissance, en tant que Fils de l'Homme, et par une nouvelle naissance spirituelle, en tant que Fils de Dieu, lorsque le Père L'avait sorti de l'Enfer.

L'interprétation que Copeland faisait de ce passage consistait à déplacer le mot "encore", pour lui faire dire : "Je serai pour lui encore un père", au lieu de : "Et encore : je serai pour lui un père".

Je savais quand m√™me quelque chose de la construction grammaticale des phrases¬†! "Et encore" ne signifiait absolument pas que J√©sus avait d√Ľ na√ģtre de nouveau¬†! C'est une simple tournure utilis√©e pour relier deux phrases similaires. Vous pouvez voir la m√™me tournure utilis√©e par exemple dans Romains 15¬†:10-12.

Toutes ces choses me laissaient perplexe. Plus tard, j'ai compris que j'ai fait alors ce que la plupart des gens font dans une situation semblable : se mentir à soi-même ! Chaque fois que quelque chose venait troubler la belle image que je m'étais constuite de Copeland, je prenais la défense de mon héros ! J'avais couvert ses fausses prophéties et ses erreurs scripturaires. J'avais excusé son manque de discernement spirituel. Tout cela parce que je voulais croire en lui. En fait, je n'écoutais pas réellement ce que les Copeland disaient. Je réajustais dans mes pensées tout ce que j'entendais, pour le transformer en quelque chose de "bibliquement correct".

Je me rends compte de l'arrogance et de l'orgueil.

J'entendis aussi ce soir-l√† quelque chose qui me choqua profond√©ment. A cette √©poque, Jerry Savelle √©tait le prot√©g√© de Kenneth Copeland. Il voyageait avec lui, et je crois bien qu'il √©tait l√† ce m√™me soir (√† moins que je l'aie entendu au cours d'une r√©union pr√©c√©dente). Savelle se vantait de son minist√®re. Il nous racontait tous les voyages qu'il faisait dans le monde, en particulier dans des pays du Tiers-Monde. Il nous dit que ces voyages repr√©sentaient pour lui un r√©el sacrifice. Il nous expliqua que cela ne lui √©tait pas facile d'exercer son minist√®re dans ces pays pauvres¬†: "Je veux dire, je leur ai donn√© √† nettoyer un costume en soie qui avait co√Ľt√© mille dollars, et ils me l'ont massacr√©¬†! Ils ne savent m√™me pas nettoyer les beaux v√™tements dans ces pays¬†!"

Je n'en croyais pas mes oreilles ! Mais, là encore, je décidai de pardonner et d'oublier ce qu'il avait dit.

Chaque soir, il y avait un long appel pour des offrandes, et chaque fois nous donnions quelque chose. Ce dernier soir, il nous semblait que nous devions faire un geste tout particulier, et "planter une semence" financi√®re dans la foi. Nous venions justement d'entendre un petit discours sur la n√©cessit√© de semer dans la foi, comme d'habitude. Aussi, nous d√©cid√Ęmes de donner une grosse somme d'argent. Il s'agissait de 50 livres. A cette √©poque, c'√©tait une grosse somme pour nous. Comme d'habitude, nous n'avions pas l'argent sur notre compte bancaire, mais nous devions agir "par la foi", n'est-ce pas¬†? Jon r√©digea donc un ch√®que et le mit dans le panier. Pour nous, cela repr√©sentait un sacrifice tr√®s dur. Mais nous l'avons fait par amour, dans l'ob√©issance, et dans le d√©sir de soutenir le minist√®re de Copeland.

Quand tout fut fini, les Copeland s'éclipsèrent.

On ne pouvait pas les approcher !

Je voudrais tout d'abord expliquer la conception que nous avions du minist√®re √† cette √©poque. Comme beaucoup d'autres Chr√©tiens anglais, nous avions fait l'exp√©rience du renouveau charismatique gr√Ęce √† des minist√®res de type Pentec√ītiste, souvent exerc√©s par des hommes qui n'√©taient pas des pasteurs patent√©s. Nous avions particip√© √† des conf√©rences dans les ann√©es 70, dont certaines s'√©taient d√©roul√©es dans des camps de vacances. Nous vivions dans des petits chalets, et tout le monde mangeait assis sur des bancs autour de grandes tables. L'√©quipe des responsables ne faisait pas bande √† part. Ces derniers se m√™laient facilement √† nous, et l'on pouvait bavarder avec eux comme avec tout le monde.

Après les réunions du soir, tous les responsables restaient avec nous, et l'on pouvait leur parler, prier pour une guérison, demander un conseil, ou exposer un besoin. C'étaient des serviteurs de Dieu, et ils se rendaient disponibles pour aider les gens et prier avec eux.

En revanche, à la fin de toutes les réunions des Copeland, les "personnalités importantes", comme Kenneth et Gloria Copeland, Jerry Savelle ou d'autres responsables, s'éclipsaient derrière les rideaux de l'estrade, et disparaissaient. Ils ne se mêlaient pas à la foule, et ne s'arrêtaient jamais pour bavarder avec quelqu'un. Ils étaient au-dessus de ces choses !

Jon et moi, nous nous sommes fray√© un chemin vers la sortie qui √©tait √† l'arri√®re. Notre chambre √©tait situ√©e dans un b√Ętiment qui √©tait derri√®re l'auditorium. Nous empruntions donc toujours cette sortie. Il y avait l√† une grande porte pour le commun des mortels, et une petite porte r√©serv√©e aux "personnages importants", sans doute les stars qui voulaient √©chapper plus rapidement √† leurs adorateurs.

Juste au moment o√Ļ nous sortions par la grande porte, nous v√ģmes la petite porte s'ouvrir. Kenneth et Gloria Copeland, avec un couple d'autres responsables, sortirent dans la rue. Mon cŇďur se mit √† battre¬†! Peut-√™tre allions-nous pouvoir leur parler et partager avec eux nos espoirs d'un renouveau spirituel, ou leur dire ce que nous avions pens√© de l'enseignement. Mais ils jet√®rent un coup d'Ňďil circulaire, sans m√™me nous apercevoir, comme si nous n'existions pas, dans leur h√Ęte √† partir. Une grande limousine noire les attendait dans la rue, le moteur d√©j√† en marche. Un chauffeur conduisait, pr√™t √† d√©marrer. Nous savions d√©j√† que les Copeland et leur √©quipe √©taient descendus dans l'h√ītel le plus cher de Brighton, qui nous semblait √™tre un vrai palace.

Il faut que vous compreniez qu'en Grande-Bretagne, ces choses ne se font pas ! Ces limousines sont réservées à la famille royale, aux stars de la télévision, ou peut-être au Maire de Londres. Mais pas à des ministres de l'Evangile ! Pour qui se prenaient-ils ?

La voiture s'éloigna, en nous éclaboussant d'eau de pluie. Elle conduisait ses occupants dans le luxe d'un appartement chaud et bien éclairé. Ils évoluaient bien au-dessus de notre monde. Ils ne nous avaient même pas remarqués, nous qui étions là debout sous la pluie.

C'était une nuit sombre et froide. Nous avons relevé nos cols pour nous protéger de la pluie, et nous nous sommes dirigés vers notre petit réduit. Nous n'avions pas de voiture. Je dis à Jon : "Et c'est à ces gens-là que nous avons donné 50 livres !"

Cette phrase r√©sumait tout¬†! Les √©cailles tomb√®rent de nos yeux. Nous pouvions voir les Copeland tels qu'ils √©taient, et nous avons cess√© de leur vouer un culte. Plus tard, quelqu'un me fit remarquer que les Copeland pr√™chaient la foi en la prosp√©rit√©. Mais leur prosp√©rit√© venait de nos dons et des v√ītres¬†! Ils ne vivaient pas du tout par la foi. Ils vivaient sur le dos de pauvres gens comme nous¬†!

Qui était responsable, Dieu, ou nous ?

Nous avions vu clair en ce qui concernait les Copeland. Mais nous continuions √† croire en les enseignements de la Parole de foi, et √† les pratiquer chaque jour. Ce fut √† cette √©poque que nous achet√Ęmes la s√©rie d'enseignements de Kenneth Hagin sur l'√©tude de la Bible. Il nous apprenait comment √©tudier chaque jour la Bible pour augmenter notre foi. Nous suivions fid√®lement les enseignements de ce livre, une le√ßon par jour. Mais, √† la longue, nous f√Ľmes tous deux troubl√©s. A mesure que nous absorbions tous ces enseignements sur la foi, il nous semblait que nous √©tions exclusivement centr√©s sur ce que nous devions faire, sur ce que nous pouvions r√©aliser, au lieu d'√™tres centr√©s sur J√©sus. Je me rappelle avoir dit √† Jon¬†: "En lisant ce livre, c'est comme si nous n'avions plus besoin de J√©sus du tout¬†!" Cela me troublait profond√©ment.

Voici un court passage de ce livre, pour vous donner une idée :

"Voici les quatre étapes à suivre si nous voulons que nos prières soient exaucées :

  1. Décidez ce que vous voulez obtenir de Dieu.
  2. Cherchez dans la Bible les passages qui vous promettent ce dont vous avez besoin.
  3. Demandez à Dieu ce dont vous avez besoin.
  4. Croyez que vous l'avez reçu, et gardez une foi ferme, sans vous attacher aux circonstances. Ne doutez jamais, même une minute, que vous ayez été exaucé".

On nous promettait des exaucements garantis. Aucun √©chec ne devait survenir. Mais ce n'√©tait pas ce que j'avais exp√©riment√©. Puisque Dieu ne mentait jamais, et puisqu'Il avait promis de nous donner tout ce que nous dirions dans la pri√®re, tout √©chec, selon Hagin, ne pouvait √™tre d√Ľ qu'au fait que nous n'avions pas assez prononc√© de paroles positives. En r√©alit√©, le fait de faire une confession n√©gative, comme "j'ai attrap√© un rhume", revenait √† inviter le diable √† nous attaquer, parce que nous "poss√©dons ce que nous disons".

C'est aussi √† cette √©poque que nous avons expos√© √† notre plus proche voisin la doctrine de la Foi. C'√©tait une √Ęme simple. Il prenait presque tout √† la lettre. Un jour, je me rappelle qu'il est venu nous voir, tout troubl√©, pour nous dire qu'il avait fait une confession n√©gative. Il nous dit qu'il priait pour une nouvelle voiture, car celle qu'il avait tombait en pi√®ces d√©tach√©es. Mais il croyait qu'il avait perdu toutes chances d'en avoir une autre, parce qu'il avait dit √† sa femme qu'ils ne pouvaient pas se permettre d'acheter une nouvelle voiture. Il croyait donc avoir compl√®tement ruin√© toutes ses chances aupr√®s de Dieu, parce qu'il avait prononc√© une confession n√©gative¬†! Il en √©tait tr√®s d√©prim√©. Il ne pouvait plus reprendre ses paroles, et il lui semblait qu'il avait perdu sa nouvelle voiture¬†!

Cela semblait excessif, même à moi, mais c'était ce que nous lui avions appris ! Je me sentis responsable d'avoir créé un blocage spirituel dans la vie de ce jeune homme. Si Dieu voulait le bénir en lui donnant une nouvelle voiture, Il le ferait. Nous avions inculqué la crainte à ce jeune homme, pas la foi ! Son Dieu était devenu un personnage superficiel, qui Se laissait impressionner par une parole négative. Un moment d'inattention, et il avait perdu la bénédiction divine ! Du moins le croyait-il.

M√™me si je voyais bien qu'il s'agissait d'une parodie du message de la foi, je compris que tout ce syst√®me pouvait √™tre fort mal compris, et repr√©sentait une pierre d'achoppement pour tous ceux qui n'√©taient pas m√Ľrs. Etait-ce cela la foi de la Bible, ou n'√©tait-ce qu'un ensemble de doctrines et de r√®gles que les gens devaient apprendre, pour que le syst√®me fonctionne bien, et qu'ils puissent atteindre les sommets de la victoire et de la b√©n√©diction¬†? Etait-ce ce que Dieu voulait pour Son peuple¬†?

D'autres sujets d'inquiétude.

Nous avons continu√© √† √©tudier le livre de Kenneth Hagin, mais nous nous sentions de plus en plus mal √† l'aise. Nous nous demandions o√Ļ √©tait la place de Dieu dans tout cela. On ne parlait que de notre foi, et de la mani√®re dont nous devions utiliser la Bible. Certains chapitres intitul√©s par exemple "Comment d√©crocher votre ticket aupr√®s de Dieu", ou "Vous pouvez obtenir tout ce que vous dites", troublaient mon esprit. Non parce que je manquais de foi ou parce que j'√©tais li√©e par des dogmes religieux, mais parce que je savais que j'aimais Dieu par J√©sus-Christ, et que je ne voyais pas Dieu ni J√©sus de cette mani√®re ? Ce n'√©taient pas des √™tres que l'on pouvait manipuler pour obtenir d'eux tout ce que nous voulions. J'avais bien plus de respect que cela pour le Tout-Puissant. En outre, mes propres exp√©riences dans ma vie chr√©tienne m'avaient montr√© que nous n'obtenons pas tout ce que nous disons, m√™me si nous le r√©p√©tons continuellement avec foi¬†! Dieu vous aime trop pour vous donner certaines choses¬†!

Nous √©tions √©galement troubl√©s par l'accent plac√© sur la prosp√©rit√© dont devaient jouir tous les Chr√©tiens. Comprenez-moi bien. Je n'ai rien contre le principe que Dieu b√©nit Son Peuple et pourvoit √† ses besoins, et je consid√®re la prosp√©rit√© comme une b√©n√©diction de Dieu. Mais cette doctrine a √©t√© pouss√©e √† l'extr√™me. Hagin a √©crit¬†: "Dieu veut que Ses enfants mangent les meilleurs plats, portent les plus beaux habits, aient les plus belles voitures, et re√ßoivent le meilleur en toutes choses". Peut-√™tre, dans un monde id√©al¬†! Mais j'ai eu l'occasion d'aider des Ňďuvres missionnaires ou humanitaires. Je sais, pour avoir consult√© les documents que nous recevions, que beaucoup de Chr√©tiens bien-aim√©s et fid√®les vivaient dans la pauvret√©, et parfois dans la famine et le d√©nuement, jusqu'√† en mourir. D'autres √©taient jet√©s en prison pour leur foi. Est-ce que cela signifiait qu'ils √©taient incapables d'exercer leur foi pour recevoir "le meilleur en toutes choses"¬†? Dieu ne voulait-Il donc b√©nir que les Chr√©tiens vivant dans les pays occidentaux riches¬†?

Dieu me parle, et soudain je comprends.

Je r√©fl√©chissais beaucoup √† toutes ces choses. Vous savez, vous vous rappelez toujours o√Ļ vous vous trouvez lorsque Dieu parle √† votre cŇďur. Je me rappelle tr√®s pr√©cis√©ment ce moment. Je me trouvais devant l'√©vier de ma cuisine. Je lavais quelque chose et je regardais dans le jardin par la fen√™tre. Je pensais √† tous les sujets qui me pr√©occupaient dans ce Mouvement de la Parole de Foi.

Soudain, tout s'√©claira, comme si Dieu parlait √† mon cŇďur. Il eut une "conversation" avec moi sur tout cela, et me montra tout ce qui n'allait pas dans ces enseignements de ce mouvement.¬†Dieu me montra que le plus important √©tait de conna√ģtre Sa volont√©, et de me soumettre √† Sa volont√©. Un adepte du Mouvement de la Parole de Foi ne doit jamais dire, par exemple ¬†: "Si c'est Ta volont√©", car c'est pire que jurer¬†! Il doit r√©clamer comme un droit les promesses de l'Ecriture, parce qu'elles nous appartiennent d√©j√† en J√©sus-Christ.

Hagin a √©crit¬†: "Si notre pri√®re est en accord avec la Parole de Dieu, elle est en accord avec Sa volont√©". Pas de probl√®me avec cela¬†! Mais cela ne veut pas dire que Dieu n'a plus rien √† voir avec les conditions de l'exaucement de ma pri√®re¬†! Hagin va jusqu'√† dire¬†: "Dieu ne peut, ni ne veut, plus rien faire d'autre"¬†: Il a d√©j√† envoy√© J√©sus pour restaurer notre autorit√©, et Il a √īt√© la mal√©diction. C'est donc √† nous seuls de savoir utiliser la Parole de Dieu, de croire et de r√©clamer les promesses.

Ainsi, l'idée essentielle est que Dieu n'a plus rien à faire dans l'exaucement de nos prières, si ce n'est confirmer nos confessions positives, qui libèrent les promesses déjà contenues dans la Parole. C'est le fait de proclamer les promesses qui libère la puissance de la foi pour manifester la bénédiction dans notre vie.

Je le r√©p√®te¬†: "O√Ļ est Dieu dans tout cela¬†?" N'importe qui pourrait apprendre cette technique, m√™me un pa√Įen¬†! Mais¬†Dieu m'a parl√© ce matin-l√†. Il m'a parl√© de Son amour, de Sa sollicitude pour chacun de nous, de Sa grandeur et de Sa connaissance. Il m'a montr√© qu'avoir la foi, c'√©tait simplement Lui faire confiance,¬†et non faire confiance √† nos confessions,¬†ou √† notre capacit√© sans faille √† garder nos pens√©es concentr√©es sur un objectif. Notre foi doit √™tre en Lui,¬†dans Sa bont√© et dans Sa puissance,¬†et pas en nous-m√™mes, dans notre p√©nible mise en Ňďuvre d'un syst√®me de paroles de foi.¬†Notre foi doit √™tre dans le Dieu de la Bible, et pas dans la Bible de Dieu seulement.

Si nous exigeons comme un droit toutes les promesses de la Bible, et si nous croyons que Dieu ne peut rien faire d'autre qu'ob√©ir √† nos exigences et nous b√©nir, cela signifie que c'est nous qui sommes devenus les ma√ģtres de notre destin√©e. C'est nous qui d√©cidons ce qui est bon pour nous, et ce que nous devons obtenir de Dieu. C'est nous qui prenons toutes les d√©cisions concernant notre carri√®re, notre mariage, notre famille, nos finances, notre √©glise, nos amis, tout¬†! C'est donc comme si nous √©tions devenus des dieux, et que le Dieu Tout-Puissant n'√©tait plus qu'un simple serviteur.¬†Les r√īles sont renvers√©s, et Dieu n'a plus rien √† voir dans notre vie, si ce n'est manifester les promesses de l'Ecriture¬†!

Je compris soudain à quel point une telle attitude méprisait la Personne de Dieu. 

Quand je m'étais tournée vers Lui, il y a des années, je m'étais soumise à Lui comme à mon Seigneur. J'avais reconnu que c'était Lui qui avait le droit de diriger le cours de ma vie, en toutes choses. Ma destinée était entre Ses mains, pas dans les miennes. En vérité, je n'avais aucune confiance dans les décisions que je pouvais prendre moi-même pour conduire ma vie, car j'ignorais ce qui était le meilleur pour moi. Alors que Dieu le savait.

Pouvais-je donc Lui faire confiance pour me guider, m'inspirer, me conduire dans la prière, et me bénir, selon Ses plans et de Sa volonté ? Si des choses désagréables m'arrivaient, pouvais-je les voir comme faisant partie du plan parfait de Dieu pour moi ? Ou devais-je demander uniquement ce que je considérais comme "le meilleur" pour moi, en considérant les défaites et les pertes comme des échecs de la foi ?

La prière était presque devenue un mantra pour moi ! Je passais constamment mon temps à "prendre autorité", à "prononcer des paroles de foi", à "exiger" telle ou telle chose, et à "chasser le doute". Mais Dieu n'intervenait plus dans ce processus ! Ce n'était plus de la prière, c'était l'emploi de formules ! Je n'avais plus de relation d'amour avec Dieu. Je perdais conscience de ma relation avec Jésus dans la prière, parce que ma prière était devenue un système d'exercices spirituels visant à obtenir ce que je voulais pour ma vie.

Je ne venais plus vers Dieu simplement pour passer un moment de communion avec Lui, ou pour savoir ce qu'Il voulait pour moi. Je L'avais complètement évincé, et remplacé par des paroles de foi, en exigeant qu'Il confirme les promesses de Sa Parole. On m'avait appris à "trouver une promesse" dans la Bible et à la tenir en permanence sous le nez du Seigneur jusqu'à ce qu'Il éternue ! Cela avait dressé un voile entre nous.

A présent, j'étais en train de redécouvrir le Père aimant et tendre que j'avais toujours connu auparavant. J'eus honte de L'avoir tenu à l'écart de ma vie !

J'avance dans la vérité.

Peu apr√®s cette exp√©rience (en fait, six mois plus tard, en avril 1986), Dieu r√©pondit √† mon d√©sir de m'occuper de ceux qui souffraient et qui vivaient dans la confusion, et Il m'appela √† devenir une sentinelle. Ce fut la naissance tranquille de Banner Ministries. Par la gr√Ęce de Dieu, ce minist√®re a grandi jusqu'√† √™tre reconnu dans le monde entier comme d√©non√ßant les s√©ductions et les fausses doctrines, telles que celles de la Parole de Foi. Dieu savait ce qu'Il voulait faire de ma vie, et Il avait besoin de ma soumission √† Sa volont√©. Mais j'avais √©t√© √©gar√©e par les enseignements de ce mouvement.

J'ai réécouté les nombreuses cassettes que j'avais. Mais mes oreilles spirituelles étaient maintenant ouvertes, et j'ai compris que j'avais été induite en erreur. J'ai relu les Ecritures, et j'ai vu à quel point ces faux docteurs en avaient tordu le sens, pour leur faire dire ce qui n'avait jamais été dans la pensée de Dieu.

Qu'est-ce donc que la prospérité ?

Je citerai l'exemple de la prosp√©rit√©, en rappelant le passage qui nous avait √©t√© donn√© lors de la conf√©rence de Brighton, celui de 3 Jean 1¬†:2¬†: "Bien-aim√©, je souhaite que tu prosp√®res √† tous √©gards et sois en bonne sant√©, comme prosp√®re l'√©tat de ton √Ęme". Ce passage nous avait √©t√© constamment cit√© pour nous prouver que Dieu voulait faire "prosp√©rer" Son peuple, c'est-√†-dire le rendre riche.¬†La prosp√©rit√© est un th√®me essentiel des enseignements de la Parole de Foi, et ce verset de Jean semblait central dans leur exposition de la doctrine de la prosp√©rit√©.

Il leur a fallu pourtant tordre ce verset, car le mot "prosp√®re" ne fait pas r√©f√©rence √† la richesse, comme le montre la fin du verset¬†: "comme prosp√®re l'√©tat de ton √Ęme". Notre √Ęme ne re√ßoit pas des richesses mat√©rielles ou financi√®res, mais elle peut devenir riche dans la foi.¬†"Prosp√©rer", dans les Ecritures, signifie "√™tre aid√© le long du chemin". Cela sugg√®re¬†une marche chr√©tienne r√©ussie dans tous les domaines. Cela ne signifie nullement qu'un Chr√©tien doit √™tre financi√®rement prosp√®re¬†!

Je réalisai que beaucoup de Chrétiens consacrés servaient Dieu et étaient en bénédiction aux autres, sans être nécessairement prospères financièrement. En réalité, très peu d'entre eux étaient réellement riches. La plupart des Chrétiens ont des combats sur le plan financier, comme les croyants de la Bible. 

Comment concilier l'enseignement sur la prosp√©rit√© avec la vie des ap√ītres, qui ne poss√©daient rien¬†?¬†Et avec la vie de J√©sus, qui n'avait rien pour reposer Sa t√™te¬†?¬†Comment ignorer tous les avertissements de l'Ecriture concernant le danger des richesses, et¬†la prudence que nous devons garder vis-√†-vis des possessions mat√©rielles, qui pourraient devenir un pi√®ge¬†?¬†Tout cela ne cadrait pas avec les enseignements sur la prosp√©rit√©¬†!

Peu à peu, toutes les choses auxquelles j'avais tellement tenu m'apparurent clairement comme des séductions. J'ai fini par remplir quatre cassettes audio de tous les exemples tirés du ministère de Kenneth Copeland, pour montrer qu'il était dans l'erreur. Ce furent les premières cassettes que j'offris sur la liste des cassettes de Banner Ministries. J'ai aussi photocopié des sections entières du magazine "The Voice of Victory" et d'autres sources, afin de prouver ce que Copeland enseignait en fait.

Pour prouver qu'il enseignait l'hérésie de la mort spirituelle de Jésus, j'ai scanné une lettre écrite par Kenneth Copeland, datée du 29 mars 1979, dans laquelle il s'efforçait de justifier ses enseignements concernant cette hérésie. Il écrit en particulier sur cette lettre : "Jésus n'a pas accompli l'expiation de nos péchés quand Il a versé Son sang sur la croix".

Que personne donc ne m'accuse de mentir à ce sujet ! La copie de cette lettre a été publiée. Elle est authentique.

Tout n'est pas mauvais dans les enseignements de la Parole de Foi.

Il est important pour moi de dire que je n'ai pas rejeté tout ce que j'ai appris dans ce mouvement. Quand on vous empoisonne, on ne vous donne jamais du poison pur, on le cache dans un bon plat ! Il y a beaucoup de bonnes choses dans les enseignements du mouvement de la Parole de Foi. Mais il y a aussi un poison qui peut vous tuer !

Il y a des v√©rit√©s que je ne voudrais pas perdre, et je remercie le Seigneur de m'avoir appris √† consid√©rer la Bible avec une attitude positive, dans la foi. Il est important pour nous de¬†louer le Seigneur et de confesser Sa Parole.¬†Cela peut nous permettre de repousser les attaques du diable. Nous devons bannir les doutes de nos pens√©es. Nous devons croire que Dieu veut notre bien-√™tre, et s'int√©resse √† notre sant√©. Il est vrai que nous avons la victoire en J√©sus-Christ sur toutes les Ňďuvres de l'ennemi. Nous devons refl√©ter cette attitude de victoire dans notre vie de tous les jours.

Le fait de¬†m√©moriser les versets de l'Ecriture est √©galement puissant pour notre √©dification. Il est important, en temps de besoin, de pouvoir nous rappeler la Parole de Dieu et la proclamer √† haute voix. Cela peut √™tre extr√™mement b√©n√©fique. La foi est n√©cessaire pour que nos pri√®res soient exauc√©es, mais nous devons aussi conna√ģtre la volont√© de Dieu. Nous ne devons pas nous soumettre passivement quand nous discernons que nous sommes attaqu√©s par le diable. Mais nous devons tenir ferme dans la foi en la bont√© et en la puissance de Dieu. Toutes ces choses sont bonnes et profitables. Je ne les ai pas rejet√©es.

Il faut toutefois bien reconna√ģtre que les enseignements de la Parole de Foi vont bien au-del√† de ces v√©rit√©s bibliques fondamentales, v√©rit√©s que nous pouvons d'ailleurs apprendre nous-m√™mes dans la Bible, sans devenir adeptes du mouvement de la Parole de Foi.

Tous ces enseignements sur la mort spirituelle de Jésus, sur la prospérité, sur la nécessité d'avoir foi en notre foi, sur la foi qui est une force, sur la gloire à venir qui va nous transformer en puissante armée qui va conquérir les nations, tous ces enseignements vont au-delà de la doctrine biblique, et doivent être rejetés.

Quand j'ai étudié les origines de ce mouvement de la Parole de Foi, j'ai vu qu'il prenait sa source dans un enseignement appelé "Pensée Nouvelle", qui a lui-même abouti à la Science Chrétienne. C'est E.W. Kenyon qui a ensuite injecté ces enseignements dans le Mouvement de la Parole de Foi. En consultant les livres sur la "Pensée Nouvelle", j'ai vu à quel point ils étaient proches des enseignements de la Parole de Foi ! J'ai consulté aussi les livres de Kenyon, et je peux vous assurer que Kenneth Hagin a pratiquement copié mot pour mot près de 75 % des enseignements de Kenyon ! Il a carrément copié ces livres pour les publier sous son propre nom !

J'ai publié tout cela sur mon site pour que vous puissiez vous en rendre compte par vous-mêmes. Je n'en reparlerai donc pas ici. Mais je conclurai simplement mon témoignage par une exhortation à ne surtout pas absorber tout ce que l'on vous sert, ni à croire tout ce que l'on vous dit !

Il y en a qui veulent attirer votre √Ęme dans le mensonge et l'emprisonner. Vous avez donc besoin d'ouvrir vos yeux spirituels aux v√©rit√©s bibliques, et demander √† Dieu qu'Il vous lib√®re d'enseignements comme ceux de la Parole de Foi. Vous serez affranchi des erreurs r√©pandues par ces mouvements, pour ne conserver que les purs enseignements de l'Ecriture.

Source : http://www.latrompette.net


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